Le collectif “ CULTURE ET CITOYENNETÉ ”

KHAMSA, PJJ, MJC Nomade Centre Social, MJC Etoile 


Ciné-débat « Ne nous racontez plus d’histoires »

 Film documentaire de Carole Filiu et de  Ferhat Mouhali 

27 mars 2026

14H - 16H30 : Collège CALLOT  ( 3 classes de 3ème) 

 19H30 / Centre culturel André Malraux Vandœuvre-lès-Nancy  


La projection s’est tenue le vendredi 27 mars à 14h au collège Callot. Trois classes de 3e ont assisté à cette projection suivie d’un débat. 

Les élèves se sont montrés attentifs et ont activement participé aux échanges. Leurs questions ont notamment porté sur la définition de certains termes comme le FLN, les Harkis et les Pieds-Noirs, ainsi que sur les motivations du réalisateur. Ils ont également soulevé la question de la méconnaissance entourant cette guerre.

Nous avions enchainé par la projection au CCAM à 19h30 qui a été suivie également par un échange entre l’assistance, 200 personnes de tous horizons et générations : jeunes pris en charge par la PJJ, jeunes fréquentant les associations locales, étudiants, actifs parmi lesquels des enseignants et des éducateurs, des retraités, des bénévoles et  usagers d’associations, au premier rang desquelles Khamsa, porteur du projet et les membres du collectif CULTURE et CITOYENNETÉ, organisateur de l’événement.

La projection - débat  a eu lieu au CCAM de Vandoeuvre en présence du réalisateur Fehrat  Mouhali et Mehdi Mohraz, formateur à l’Atelier Canopé-54 Nancy, chargé des  questions d’Histoire, Mémoire et Citoyenneté.

Les applaudissements et les prises de parole ont salué la qualité du film, permettant de  revenir sur les silences entourant la guerre d’Algérie, dont le terme en 1962 signifiait la  fin d’une exception coloniale française : « L’Algérie était une colonie de peuplement,  réunissant 1 million d’Européens et 10 millions de Français musulmans, selon la  formule ayant alors cours. Ces silences sont à la genèse du film, ce qui expliquait F.  Mouhali : « Carole est née en France de parents Pieds-Noirs alors que je suis né et ai  grandi en Algérie, où le discours patriotique n’a pas permis de saisir toutes les  dimensions d’une guerre dans les mémoires de nos proches. »

Il était rappelé par M. Mohraz que la guerre était jusqu’en 1999, désignée par les  formules « événements d’Algérie » ou « Opérations de maintien de l’ordre » et avait  concerné, côté français, 400 000 soldats d’active et plus de 1 300 000 appelés du  contingent.

Les difficultés à évoquer la guerre étaient discutées et un spectateur  soulignait que beaucoup de jeunes de sa génération, qui avaient échappé au service  militaire, étaient confrontés aux réalités douloureuses du conflit lorsque la dépouille  d’un ami était ramenée en « métropole ». La « rencontre avec la mort » se faisait sur des  théâtres d’opérations que les soldats découvraient en posant le pied en Algérie. L’expérience était donc traumatique aux dires de l’assistance, d’autant que le  déchainement de violence de toutes parts était dénoncé dans les témoignages de la salle.

Un Toulois s’étonnait que l’on puisse élever une statue en l’honneur de général  Bigeard, en parachutiste, alors que son action en Algérie renvoyait à la torture.

Le réalisateur s’en étonnait mais soulignait l’importance de recueillir la parole des  acteurs et des témoins, des groupes porteurs de mémoires [soldats, Pieds-noirs, harkis,  militants communistes porteurs de valise, l’Association des Anciens Appelés en Algérie  et leurs Ami·e·s Contre la Guerre (4ACG)] pour dépasser les blocages mémoriels.

Ferhat Mouhali montrait que le souvenir des événements de Sétif en 1945 restait très  vivace outre-méditerranée. Il soulignait également que la violence avait sévi entre  Algériens et que le FLN a, par la force, éliminé ses adversaires du MNA (Mouvement  National Algérien de Messali Hadj).

Il était précisé par Mehdi Mohraz que ces violences avaient participé à l’engagement d’Algériens, pourtant nationalistes, au sein de l’armée  française.

L’évocation de la figure de Messali Hadj permettait à M. Mohraz de dire que l’histoire de  l’Algérie avait des liens avec la Meurthe-et-Moselle. Le leader nationaliste avait en effet  épousé Emilie Busquant (née et inhumée à Neuves-Maisons – 1901/1953) qui aurait  confectionné, la première, le drapeau algérien.

Les échanges riches se prolongèrent autour d’un buffet de spécialités salées et sucrées  du Maghreb, réalisées par les bénévoles de l’Association Khamsa. Cela finit de marquer  le bon esprit qui entoura ce ciné-débat.






















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